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Condamnation historique en France de braconniers en eaux protégées



Ils avaient pêché illégalement des tonnes de poissons – mérous, oursins et poulpes – dans les eaux protégées du parc national des Calanques : quatre braconniers ont été condamnés ce vendredi à Marseille, dans le sud-est de la France, à payer plus de 385 000 euros de dommages-intérêts versés au titre du préjudice écologique causé à l'écosystème.



Une décision historique, estime l'avocat du parc national des Calanques, maître Sébastien Mabile, puisque les braconniers ne sont pas condamnés à rembourser la valeur marchande des poissons pêchés, mais bel est bien à payer pour « le préjudice écologique », autrement dit pour le tort causé à la biodiversité.


« Cette condamnation reconnaît que la valeur intrinsèque de la biodiversité, c’est-à-dire sa valeur d’existence, est bien plus supérieure à sa valeur marchande, c’est-à-dire sa valeur d’usage pour ses poissons au prix du poisson sur la balance du poissonnier,explique l’avocat. C’est une avancée considérable puisque c’est la première fois pour une affaire de cette ampleur que le tribunal applique les principes issus de la loi de 2016 – la loi pour la reconquête de la biodiversité – qui avait introduit le préjudice écologique au sein du Code civil. »


Le président du parc Didier Réault souligne également la vocation pédagogique de cette condamnation. « On espère que ce soit un message qui soit passé à l’ensemble de la population et de tous ceux qui auraient tendance à détruire la nature. Il faut qu’ils comprennent que cette nature elle a une valeur. Donc on est dans cette logique de sensibiliser aussi par l’exemple », souligne-t-il.


Les responsables du parc le disent : depuis que cette affaire est devant la justice, le braconnage a baissé dans les calanques.

Mérou brun de Méditerranée


article publié le 06/03/2020 sur Rfi.fr

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