Le braconnage du Lynx en Suisse

"ll n'y a pratiquement pas de lynx dans le sud du Valais. Bien que les conditions de vie soient idéales, pas un seul animal n'est tombé dans l'un des plus de 130 pièges à photos mis en place par la Fondation Kora au sud du Rhône l'année dernière.

Le soupçon : les braconniers tuent les animaux protégés dès leur entrée dans le canton de montagne. Il y a cinq ans, des chercheurs de l'Université de Berne ont découvert un total de 17 pièges à collets installés à la frontière vaudoise.

Les employés de l'État sont suspectés

Les chercheurs se demandaient déjà à l'époque si les autorités valaisannes combattaient suffisamment le braconnage - ou même si le canton tenait sa main protectrice sur les braconniers. Cela semble maintenant confirmé : BLICK a parlé à plusieurs témoins qui rapportent exactement cela. Selon leur rapport, le problème est bien plus grave. Ils affirment : Plusieurs gardes-chasse - employés de l'État - ont eux-mêmes chassé illégalement le lynx et le loup !

Au total, cinq personnes étaient prêtes à donner des informations personnelles à BLICK. Ils accusent un actif et deux anciens gardes-chasse valaisans de braconnage.

Surtout le garde-chasse Pierre D.*, qui est toujours en service, n'est pas une feuille blanche. Plusieurs procédures pénales sont actuellement en cours contre le Bas-Valaisan. Il est accusé d'avoir capturé deux aigles chez lui et d'avoir illégalement tiré sur un cerf dans une zone interdite à la chasse lors d'une chasse au trophée.

Le garde-chasse pose avec un lynx mort

Aujourd'hui, l'air se fait encore plus rare pour Pierre D. BLICK : il y a une photo où il tient un lynx mort dans ses mains - et sourit largement dans l'appareil. Il n'est pas clair s'il a vraiment tué l'animal lui-même.

L'accusation de braconnage portée contre D. est grave : un chasseur, qui ne veut pas être nommé nommément par crainte de la vengeance des autorités, nous dit que D. lui avait demandé à plusieurs reprises de tirer directement sur des lynx. "Il a dit que c'est notre travail de détruire les prédateurs en Valais

Il y a dix ans, le garde-chasse a également organisé une véritable chasse au loup : "Lorsqu'il a appris qu'un loup errait dans l'alpage, il nous a immédiatement avertis et nous a ordonné de tirer sur l'animal", a déclaré le chasseur. Plus tard, D. lui-même est apparu sur l'alpage armé. "J'étais complètement abasourdi. C'était comme si un policier m'avait conseillé de rouler à plus de 120 km/h."

Parce que les gardes-chasse sont normalement responsables de la protection des animaux sauvages. Ils comptent le stock et abattent les animaux malades et blessés. Également protégé, mais seulement après une décision officielle du canton selon l'ordonnance sur le droit de la chasse.

Sentiment antiprédateur

Si l'on en croit les témoignages des témoins, il existe un groupe conspirateur parmi les 25 gardes-chasse professionnels et les 118 gardes-chasse auxiliaires non étatiques ainsi que les 3000 chasseurs : ils tolèrent le braconnage des grands prédateurs et l'encouragent même.

Sous le feu se trouve - outre Pierre D. - également l'ancien garde-chasse Martin R.*. Même si l'homme du Bas-Valais ne travaille plus que comme garde-chasse auxiliaire, il prétend toujours être un garde-chasse à part entière, géré par l'État. C'est ce que rapportent les deux photographes de nature Stéphane Bruchez (52 ans) et Olivier Born (48 ans) indépendamment l'un de l'autre.

Tous deux ont arrêté R. lors d'une excursion photo et se sont plaints des grands prédateurs : "M. R. nous a expliqué sans détours qu'ils ne voulaient pas de lynx dans le Bas-Valais - ils les abattaient", dit Bruchez.

L'ancien garde-chasse Bernard M.*. ne cache pas non plus son aversion pour les prédateurs. Un témoin, qui travaille comme agriculteur dans le Bas-Valais, raconte : "M. a abattu un lynx comme garde-chasse - et l'a raconté à tous ceux qui voulaient l'entendre. Il chasse maintenant en tant que personne privée, "avec le rêve d'abattre encore beaucoup de grands prédateurs".

Aucun cas individuel

Ces déclarations confirment les avertissements des opposants à la nouvelle loi sur la chasse. Ils craignent qu'un vote favorable le 27 septembre ne conduise tout simplement à l'extermination complète des grands prédateurs en Valais. La nouvelle loi donne plus de pouvoir aux cantons - et permet d'abattre les loups avant que les animaux n'aient causé des dégâts.

Le fait que les trois gardes-chasse ne sont pas seulement des cas individuels curieux est également souligné par la déclaration d'un membre du personnel du service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune dans l'émission "Mise au point" de la télévision RTS en Suisse romande. L'homme avoue anonymement qu'il avait déjà abattu un lynx et que la maxime "Un bon lynx est un lynx mort" était valable depuis longtemps au bureau.

Les accusés gardent le silence

Braconner des fonctionnaires en Valais ? BLICK a confronté les trois gardes-chasse et les autorités à ces accusations. Aucun des gardes-chasse ne souhaite faire de commentaire.

Le conseiller d'État valaisan Jacques Melly (68, PDC) et le chef de l'Office cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune sauvage, Peter Scheibler, répondent plutôt dans une déclaration commune : "L'office n'a pas connaissance de tels incidents. Ils condamnent fermement toute forme de braconnage et porteront plainte en cas de comportement relevant du droit pénal.

Le service de la chasse a déjà réagi au témoignage anonyme sur la RTS. Ainsi, les patrons de chasse écrivent : "Le 24 août, nous avons déposé une plainte pénale contre des inconnus, sur la base d'une accusation concrète de braconnage de lynx dans un rapport des médias."

* Changement de nom

Article de BLICK : https://www.blick.ch/politik/sie-sollen-luchse-und-woelfe-im-wallis-illegal-abschiessen-wildhueter-unter-wilderei-verdacht-id16100891.html?fbclid=IwAR0lJrDZiSsQnUGXwq8XD418Cjm2_fOWUCWLracnzLkYZlQ1YYP-NLwMC-s

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